
Photo : tête d’Ifé @ Léa Roth
“SAIMA” - Séminaire africaniste interdisciplinaire Marseille et Aix
Ce nouveau séminaire, co-organisé entre Marseille et Aix-en-Provence par Emmie Le Galès (IMAF), Martina Ambu (TDMAM), Hadrien Collet (IREMAM), Eloi Ficquet (Césor et CeRCLEs) et Amélie Chekroun (IREMAM), a pour ambition de donner la parole aux jeunes chercheur.e.s (doctorant.e.s, postdoctorant.e.s, nouveaux et nouvelles titulaires) en histoire, anthropologie, linguistique, archéologie et histoire de l’art, dont les recherches touchent à l’histoire du continent africain sur le temps long. Chaque séance réunit deux intervenant.e.s travaillant sur des espaces et/ou des disciplines différentes, autour d’une thématique commune, afin de favoriser les discussions et les échanges et mettre au jour des questionnements transversaux. L’objectif est de réfléchir de façon collective à notre rapport aux sources, aux méthodes et aux terrains afin d’écrire l’histoire de l’Afrique et de montrer le dynamisme des recherches actuelles, pluridisciplinaires, trans-aires et trans-chronologiques.
Les séance ont lieu en alternance à la Vieille Charité (Marseille) et à la Mmsh (Aix-en-Provence), un mercredi par mois, 9h30-12h30 ou 14h30-17h30. Infos et contacts : emmielegales[at]hotmail.fr ; martina.ambu91[at]gmail.com ; hadrien.collet[at]gmail.com ; eloi.ficquet[at]ehess.fr ; amelie.chekroun[at]cnrs.fr
Mercredi 17 juin 2026, 14h30-17h30, Vieille Charité, salle A, Marseille et en visioconférence : lien
« Mémoires dynastiques »
- Amélie Chekroun (CNRS), « Enjeux mémoriaux autour de la dynastie des Walasma’ (Ethiopie, XIIIe-XVIe siècles) ».
De la fin du XIIIe à la seconde moitié du XVIe siècle, la dynastie des Walasma‘ contrôle une grande partie des territoires de l’est de l’Éthiopie et du Somaliland actuels. Tout au long de sa période de domination, mais aussi au cours des siècles suivants, les généalogies – multiples – et les premiers temps de la dynastie sont rappelés par les auteurs qui la mentionnent. Ces jeux et enjeux généalogiques mis en œuvre en fonction du contexte de production et de la situation interne à la dynastie entraînent le rappel ou non à la figure de tutélaire du fondateur semi-légendaire Walī ‘Asma, le recours ou non à une généalogie arabe (ré)inventée et prestigieuse, la réinvention d’une figure fondatrice en la personne de Sa‘d al-Dīn… Cette présentation reviendra sur ces évolutions à travers l’étude des textes en arabes des derniers siècles du Moyen Âge.
- Emmie Le Galès (EHESS), « La construction d’une mémoire dynastique à la cour d’Ankobar (XVIIIe-XIXe siècles) ».
La présentation montre comment, du XVIIe au XIXe siècle, l’histoire de la dynastie du Šawā s’est construite à l’intersection d'histoires orales locales, de récits circulant à la cour et d’écrits produits par des Européens en visite dans la région. Elle met en lumière le rôle fondateur attribué à Nagāssi Krəstos, figure dont l’ascendance varie selon les sources, révélant de nombreux enjeux de légitimation politique. À la cour d’Ankobar, dès le XVIIIe siècle, une « mémoire autorisée » de la dynastie commence à être élaborée, qui se décline dans les colophons des manuscrits copiés sous le roi Asfā Wasan (1770s-1808). À l’inverse, dans le Manz, région présentée comme berceau de la dynastie, des mémoires persistent, centrées sur des figures régionales et souvent déconnectées de la généalogie officielle. La présentation portera sur la manière dont ces mémoires multiples – royales, régionales, familiales – coexistent, se transforment et contribuent à définir l’identité politique du Šawā, bien avant que la région ne se retrouve au centre de la construction politique moderne de l’Ethiopie.
Consulter le programme complet du séminaire (2025-2026)